France Soir vidéo : Sarkozy, Hollande, Le Pen, Bayrou…

Le centriste Lagarde:  »Bayrou doit nous rejoindre » – FRANCESOIR.fr
Jean-Christophe Lagarde, député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), est numéro deux du Nouveau Centre, présidé par Hervé Morin. VIDÉO.

France Soir « Il y a ceux qui donnent des preuves d’amour aux banlieues et ceux qui leur font de grandes déclarations d’amour, mais qui ne font rien »

Interview par Marie-Laure Hardy et Dominique de Montvalon

France-Soir. En déclarant que «toutes les civilisations ne se valent pas», Claude Guéant a-t-il agi en service commandé, ou a t-il fait du zèle ?

Jean-Christophe Lagarde Il ne s’agissait, à mon avis, ni d’une provocation ni d’un calcul. D’ailleurs, la phrase de Claude Guéant n’avait pas vocation à être rendu publique. Pris dans leur ensemble, les propos du ministre de l’Intérieur ne sont pas choquants. Je prends un exemple: il est indéniable que la civilisation chinoise est centrée sur le groupe et non sur la personne. Sous cet angle, elle est moins proche des valeurs d’humanisme qui sont les nôtres. Pour le reste, je suis outré de voir la gauche, au moindre désaccord avec nous, se rouler par terre, littéralement…

F-S. En tant que maire d’une commune de Seine-Saint-Denis, comment expliquez-vous le silence des candidats sur la question des banlieues ?

J-C.L Pourquoi les huit millions de Français des quartiers populaires n’intéressent-ils pas le PS ? Parce qu’il les considère comme acquis. Les socialistes pensent qu’ils voteront automatiquement pour eux car ils incarnent les « gentils ». Mais ils se trompent. La gauche se borne, par exemple, à proposer que l’Etat donne des terrains supplémentaires, ce qui reviendrait à recréer les ghettos des années soixante ! En plus, donner un terrain à un maire ne garantit en rien qu’il va y construire des logements sociaux.

F-S. En 2007, vous avez été le seul député centriste à ne pas soutenir Nicolas Sarkozy. Qu’est-ce qui vous a amené à changer d’avis cette année ?

J-C.L Je ne renie rien des divergences que j’ai eu, dans le passé, avec le chef de l’Etat. Mais il a évolué et s’est rapproché de nous, centristes, sur plusieurs sujets qui nous sont chers depuis longtemps: la règle d’or sur l’équilibre budgétaire, la taxe sur les transactions financières et la TVA sociale. C’est même courageux de la décider juste avant des élections.

F-S. Peut-il encore gagner ?

J-C.L Clairement, François Hollande n’a pas la stature pour changer le pays. Si les Français décident de tourner la page quoi qu’il arrive pour se donner l’illusion du changement, Nicolas Sarkozy sera battu. En revanche, si les électeurs se demandent qui peut être le bon président en ces temps de crise, il sera réélu.

F-S. La Chancelière allemande Angela Merkel soutient ouvertement Nicolas Sarkozy. Est-ce vraiment, pour lui, un atout ?

J-C.L Elle représente la droite allemande (la CDU. NDLR). Donc, c’est normal qu’elle soutienne Sarkozy, comme la gauche allemande (le SPD. NDLR) soutient François Hollande sur la plupart des sujets, à l’exception de la règle d’or à laquelle le SPD, lui, est favorable. Je pose une question: l’Europe traverse une crise terrible qui a failli faire disparaître l’euro, et on su tenir dans la tempête. Alors, pourquoi changer un «couple» qui marche ? Pour le remplacer par un couple qui ne marchera pas ? Car il ne faut pas se raconter d’histoires: si Hollande était élu, Angela Merkel refuserait de payer pour ses dépenses inconsidérées.

F-S. Le centre sera t-il l’arbitre des futures élections législatives ?

J-C.L Il faut plutôt se demander si le centre sera en position d’arbitre à l’issue des législatives. L’UMP possède aujourd’hui la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une majorité qui cesse d’être monolithique et serait fondée sur la coalition de nos deux familles politiques, voilà qui éviterait tous les excès et dérapages qu’on a connus. Et j’espère que François Bayrou va nous rejoindre pour qu’on bâtisse ensemble une majorité renouvelée et élargie, qui avancera sur deux pieds. Et pas sur un seul.

F-S. Le Congrès du Nouveau Centre aura lieu le 25 février. Hervé Morin va t-il jeter l’éponge avant?

J-C.L Je n’en sais rien. Il y a bien longtemps que je ne comprends plus la démarche d’Hervé Morin. Mais le plus tôt sera le mieux. Maintenir sa candidature, c’est suicider notre famille politique. De toute évidence, la démarche personnelle d’Hervé Morin n’a convaincu personne. Tout le monde peut se tromper : Hervé doit juste trouver un moyen digne de se retirer. Au plus vite.

F-S. Marine Le Pen assure qu’elle ne parvient pas à obtenir ses 500 signatures. Envisagez-vous de lui donner un coup de main ?

J-C.L Quand je rentre sur un terrain de foot, je ne demande pas à ce qu’on change les règles parce que je ne suis pas capable de jouer le match ! Si elle obtient ses 500 signatures, tant mieux. Si elle ne les a pas, il fallait qu’elle s’y prenne autrement. En 2002, François Bayrou avait obtenu 504 signatures. Lui n’a jamais crié au scandale. De toute façon, je pense que Marine Le Pen bluffe.

F-S. Lee Zeitouni, c’est cette jeune femme tuée à Tel Aviv par deux chauffards français. Etes-vous favorable à leur extradition en Israël ?

J-C.L La France n’extrade pas ses ressortissants. C’est comme cela. Nicolas Sarkozy respecte le droit : qui le lui reprochera ? Mais cela ne veut pas dire que ces deux hommes doivent échapper à une sanction. Il faut donc que la famille de Lee Zitouni porte plainte en France. Je suis prêt à les y aider s’ils le souhaitent.

Présidentielle 2012 : Interview de Jean-Christophe Lagarde pour le journal MÉTRO

Jean-Chistophe Lagarde, numéro deux du Nouveau Centre, le parti d’Hervé Morin, annonce en exclusivité à Metro son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. Il nous explique les raisons de son choix.

Vous avez critiqué à de nombreuses reprises la candidature d’Hervé Morin à la présidentielle. Qui soutiendrez-vous dans la campagne ?

En 2007, j’ai été le seul député centriste à ne pas avoir soutenu Nicolas Sarkozy et à ne pas avoir voté pour lui ni au premier, ni au second tour. J’ai eu beaucoup de désaccords avec lui dans son début de mandat, qui m’ont par exemple conduit à ne pas voter le bouclier fiscal et la loi Tepa. J’en ai eu d’autres par la suite. Pour autant, plusieurs éléments me conduisent à décider aujourd’hui que s’il est candidat, je le soutiendrai. C’est vrai, c’est un choix que je n’aurais pas imaginé faire il y a un an et demi.

Qu’est-ce qui motive cette décision ?

Il y a trois choses. D’abord, il y a aujourd’hui un vrai risque de nouveau 21 avril, c’est-à-dire de voir les Français privés de choix avec l’irruption de l’extrême droite au second tour. La dispersion n’est donc plus permise. Ensuite, je pense que dans la tempête que nous traversons, la France ne peut pas se permettre une aventure derrière Hollande et que Nicolas Sarkozy est le mieux armé pour y faire face. J’ai entendu François Hollande au Bourget : beaucoup de grands principes, de déclarations creuses, mais aucun chemin pour sortir de la crise. Enfin, ces derniers mois, j’ai vu le chef de l’Etat se rapprocher des positions que les centristes défendent depuis toujours, sur la règle d’or d’équilibre budgétaire, sur le Gouvernement économique de l’Europe pour sauver l’euro. Il est maintenant rentré dans ses habits de Président.


Comment le Nouveau Centre peut-il peser sur la majorité sans présenter de candidat à la présidentielle ?

Ce n’est pas par des candidatures de témoignage qui font flop qu’on arrivera à peser. Le centre est actuellement dispersé, éclaté. Je souhaite que nous puissions construire une majorité renouvelée, élargie, mieux équilibrée, pour que nos préoccupations soient prises en compte en début de mandat et non à la fin. C’est donc dès maintenant et dans le contrat de législature qu’il faut construire avec nos alliés que nous devons marquer quelles sont nos exigences, sur la formation des jeunes, l’équilibre budgétaire, une fiscalité plus juste ou la construction d’une Europe politique.

Hervé Morin doit donc retirer sa candidature au plus vite selon vous ?

Le retrait de sa candidature n’est plus qu’une question de délai. Mais on voit bien que son initiative personnelle a profondément divisé notre parti. Sa responsabilité comme président du Nouveau Centre, c’est de refaire notre unité en se retirant dignement, pour éviter que l’extrême-droite ne parvienne au second tour et pour nous permettre de discuter avec nos partenaires d’un contrat de législature qui fasse respecter nos valeurs. Avec 1%, ce qui n’est pas le poids du centre mais de sa candidature, on ne négocie rien.

Les centristes ont beaucoup reproché à l’UMP sa droitisation. Quelle tonalité voulez-vous que Nicolas Sarkozy donne à sa campagne ?

Je le soutiendrai tout en conservant mon droit d’inventaire.Je ne renierai rien de nos différences et refuserai toutes dérives s’il venait à s’en produire. J’attends de Nicolas Sarkozy qu’il tienne le langage de la transparence et de la vérité. Depuis trente ans, celui qui est élu président est celui qui promet qu’on rasera gratis. Si nous ne voulons pas être dans quelques temps dans la situation de la Grèce ou de l’Italie, nous avons besoin dans cette campagne que les candidats fassent la transparence sur notre situation, la vérité sur les efforts que nous avons à fournir et sur leur répartition. Ce n’est pas une élection pour rêver, c’est une élection pour sortir de la crise et dominer un monde nouveau.

Vous étiez le porte-parole de François Bayrou en 2007. Pourquoi ne pas l’avoir choisi ?

J’ai rencontré François, j’ai de l’estime,du respect et de l’amitié pour lui, mais je ne sais pas où il va. J’espère qu’il viendra après le premier tour construire avec nous cette majorité rééquilibrée : rien dans sa démarche ou dans ses propositions ne rejoint François Hollande.

La TVA sociale est chère aux centristes. Nicolas Sarkozy ne va-t-il pas trop vite en voulant la mettre en place avant la présidentielle ?

Est-ce que quelqu’un le croit assez stupide pour ne pas savoir que cette mesure est électoralement dangereuse et peut lui coûter des milliers de voix ? Non, bien sûr. En la prenant pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises et sauver des emplois, il fait passer son intérêt personnel derrière celui du pays. C’est un choix de courage, un choix de président.

Interview par Gilles Daniel.

15/12/11 Interview dans le Parisien sur la présidentielle de 2012

Jean-Christophe Lagarde a accordé une interview au journal le Parisien dans laquelle il donne son analyse de la présidentielle 2012.

Est-ce l’effet de l’annonce à répétition de sa candidature? Les sondages créditent en tout cas François Bayrou de 9% à 13% d’intentions de vote à la présidentielle et sa cote de popularité gagne 7 points (Ifop-« Paris Match »). Selon ce baromètre, le président du MoDem devance même François Hollande, avec 64% de bonnes opinions contre 57%. De quoi faire réfléchir ses anciens amis de l’UDF qui l’avaient pourtant « excommunié » de la galaxie centriste depuis 2007, préférant soutenir Jean-Louis Borloo ou, à défaut, Hervé Morin. Député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) et numéro deux du Nouveau Centre, Jean-Christophe Lagarde, ancien porte-parole du candidat Bayrou en 2007, estime que le choix, au premier tour, se pose entre le Béarnais et Nicolas Sarkozy.

Vous avez quitté Bayrou en 2007 et aujourd’hui vous déjeunez en tête-à-tête. Est-ce un revirement?

JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE. Nous souhaitions échanger sur le devenir de notre famille de pensée. Si nous avons eu en 2007 des divergences de stratégie, il n’en reste pas moins que nous partageons des valeurs et des projets communs. Il faudra bien que les centristes se retrouvent pour peser de nouveau. Il est évident que Bayrou fait partie de notre famille.

Vos amis du Nouveau Centre ne disaient-ils pas le contraire jusqu’à présent?

Je n’ai jamais cessé de parler avec François. J’ai de l’estime pour lui, pour la pertinence de certaines de ses analyses. Il m’a vu grandir en politique. J’espère que nos divergences s’estomperont au profit de ce qui nous rassemble.

Bayrou ne soutient pas davantage Sarkozy aujourd’hui qu’en 2007. Qu’est-ce qui a changé alors?

Dans la crise actuelle, je ne le vois pas soutenir François Hollande. La France ne peut pas se payer le luxe d’un programme aussi irréaliste que celui du PS avec le retour à la retraite à 60 ans, le recrutement de 60000 personnes dans l’Education nationale et de 300000 emplois jeunes, la danse de Saint-Guy avec les Verts sur le nucléaire…

Approuvez-vous son appel à un gouvernement d’union nationale?

Les efforts qu’il faudra fournir sont suffisamment importants pour que la majorité qui sera choisie par les Français en mai 2012 soit la plus large possible. Il y a plus de similitudes aujourd’hui entre ce que dit Bayrou — sur la règle d’or, la capacité à produire en France — et ce que défend Nicolas Sarkozy qu’avec les propositions d’Hollande. Aujourd’hui, François Bayrou se situe dans une opposition dont les thématiques sont compa- tibles avec la majorité actuelle.

Il y a peu, le Nouveau Centre pariait que Bayrou négocierait son ralliement au mieux placé…

Il ne me semble pas dans une posture de ce genre, mais dans l’esprit de gagner et d’être élu à l’Elysée. Et si tel n’était pas le cas, il insistera pour que ses options politiques, proches des nôtres, soient intégrées dans une majorité que j’imagine mal se construire avec un Mélenchon. Beaucoup au Nouveau Centre ont compris que, si François n’a pas l’idée saugrenue de soutenir Hollande, il serait absurde de ne pas retrouver un mode de vie en commun avec lui en 2012.

Pour qui voterez-vous au 1er tour?

Mon choix se jouera entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Je me déterminerai d’ici fin janvier en fonction des programmes présentés.

Vous excluez définitivement de soutenir Hervé Morin, pourtant président du NC?

Oui. Il a engagé une démarche personnelle sans même que notre parti puisse en débattre. Les Français ne s’y intéressent pas. Sa candidature solitaire fait courir un risque mortel au Nouveau Centre.

Jean-Christophe Lagarde est l’invité du OUI-NON sur LCI

Thèmes de l’interview :
le pouvoir des agences de notation, les relations franco-allemande, le rapport parlementaire sur le financement des syndicats,l’affaire des écoutes du Monde dit « les fadettes » et le droit de vote des étrangers aux élections locales.