Présidentielle 2012 : Interview de Jean-Christophe Lagarde pour le journal MÉTRO

Jean-Chistophe Lagarde, numéro deux du Nouveau Centre, le parti d’Hervé Morin, annonce en exclusivité à Metro son soutien à Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. Il nous explique les raisons de son choix.

Vous avez critiqué à de nombreuses reprises la candidature d’Hervé Morin à la présidentielle. Qui soutiendrez-vous dans la campagne ?

En 2007, j’ai été le seul député centriste à ne pas avoir soutenu Nicolas Sarkozy et à ne pas avoir voté pour lui ni au premier, ni au second tour. J’ai eu beaucoup de désaccords avec lui dans son début de mandat, qui m’ont par exemple conduit à ne pas voter le bouclier fiscal et la loi Tepa. J’en ai eu d’autres par la suite. Pour autant, plusieurs éléments me conduisent à décider aujourd’hui que s’il est candidat, je le soutiendrai. C’est vrai, c’est un choix que je n’aurais pas imaginé faire il y a un an et demi.

Qu’est-ce qui motive cette décision ?

Il y a trois choses. D’abord, il y a aujourd’hui un vrai risque de nouveau 21 avril, c’est-à-dire de voir les Français privés de choix avec l’irruption de l’extrême droite au second tour. La dispersion n’est donc plus permise. Ensuite, je pense que dans la tempête que nous traversons, la France ne peut pas se permettre une aventure derrière Hollande et que Nicolas Sarkozy est le mieux armé pour y faire face. J’ai entendu François Hollande au Bourget : beaucoup de grands principes, de déclarations creuses, mais aucun chemin pour sortir de la crise. Enfin, ces derniers mois, j’ai vu le chef de l’Etat se rapprocher des positions que les centristes défendent depuis toujours, sur la règle d’or d’équilibre budgétaire, sur le Gouvernement économique de l’Europe pour sauver l’euro. Il est maintenant rentré dans ses habits de Président.


Comment le Nouveau Centre peut-il peser sur la majorité sans présenter de candidat à la présidentielle ?

Ce n’est pas par des candidatures de témoignage qui font flop qu’on arrivera à peser. Le centre est actuellement dispersé, éclaté. Je souhaite que nous puissions construire une majorité renouvelée, élargie, mieux équilibrée, pour que nos préoccupations soient prises en compte en début de mandat et non à la fin. C’est donc dès maintenant et dans le contrat de législature qu’il faut construire avec nos alliés que nous devons marquer quelles sont nos exigences, sur la formation des jeunes, l’équilibre budgétaire, une fiscalité plus juste ou la construction d’une Europe politique.

Hervé Morin doit donc retirer sa candidature au plus vite selon vous ?

Le retrait de sa candidature n’est plus qu’une question de délai. Mais on voit bien que son initiative personnelle a profondément divisé notre parti. Sa responsabilité comme président du Nouveau Centre, c’est de refaire notre unité en se retirant dignement, pour éviter que l’extrême-droite ne parvienne au second tour et pour nous permettre de discuter avec nos partenaires d’un contrat de législature qui fasse respecter nos valeurs. Avec 1%, ce qui n’est pas le poids du centre mais de sa candidature, on ne négocie rien.

Les centristes ont beaucoup reproché à l’UMP sa droitisation. Quelle tonalité voulez-vous que Nicolas Sarkozy donne à sa campagne ?

Je le soutiendrai tout en conservant mon droit d’inventaire.Je ne renierai rien de nos différences et refuserai toutes dérives s’il venait à s’en produire. J’attends de Nicolas Sarkozy qu’il tienne le langage de la transparence et de la vérité. Depuis trente ans, celui qui est élu président est celui qui promet qu’on rasera gratis. Si nous ne voulons pas être dans quelques temps dans la situation de la Grèce ou de l’Italie, nous avons besoin dans cette campagne que les candidats fassent la transparence sur notre situation, la vérité sur les efforts que nous avons à fournir et sur leur répartition. Ce n’est pas une élection pour rêver, c’est une élection pour sortir de la crise et dominer un monde nouveau.

Vous étiez le porte-parole de François Bayrou en 2007. Pourquoi ne pas l’avoir choisi ?

J’ai rencontré François, j’ai de l’estime,du respect et de l’amitié pour lui, mais je ne sais pas où il va. J’espère qu’il viendra après le premier tour construire avec nous cette majorité rééquilibrée : rien dans sa démarche ou dans ses propositions ne rejoint François Hollande.

La TVA sociale est chère aux centristes. Nicolas Sarkozy ne va-t-il pas trop vite en voulant la mettre en place avant la présidentielle ?

Est-ce que quelqu’un le croit assez stupide pour ne pas savoir que cette mesure est électoralement dangereuse et peut lui coûter des milliers de voix ? Non, bien sûr. En la prenant pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises et sauver des emplois, il fait passer son intérêt personnel derrière celui du pays. C’est un choix de courage, un choix de président.

Interview par Gilles Daniel.

15/12/11 Interview dans le Parisien sur la présidentielle de 2012

Jean-Christophe Lagarde a accordé une interview au journal le Parisien dans laquelle il donne son analyse de la présidentielle 2012.

Est-ce l’effet de l’annonce à répétition de sa candidature? Les sondages créditent en tout cas François Bayrou de 9% à 13% d’intentions de vote à la présidentielle et sa cote de popularité gagne 7 points (Ifop-« Paris Match »). Selon ce baromètre, le président du MoDem devance même François Hollande, avec 64% de bonnes opinions contre 57%. De quoi faire réfléchir ses anciens amis de l’UDF qui l’avaient pourtant « excommunié » de la galaxie centriste depuis 2007, préférant soutenir Jean-Louis Borloo ou, à défaut, Hervé Morin. Député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) et numéro deux du Nouveau Centre, Jean-Christophe Lagarde, ancien porte-parole du candidat Bayrou en 2007, estime que le choix, au premier tour, se pose entre le Béarnais et Nicolas Sarkozy.

Vous avez quitté Bayrou en 2007 et aujourd’hui vous déjeunez en tête-à-tête. Est-ce un revirement?

JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE. Nous souhaitions échanger sur le devenir de notre famille de pensée. Si nous avons eu en 2007 des divergences de stratégie, il n’en reste pas moins que nous partageons des valeurs et des projets communs. Il faudra bien que les centristes se retrouvent pour peser de nouveau. Il est évident que Bayrou fait partie de notre famille.

Vos amis du Nouveau Centre ne disaient-ils pas le contraire jusqu’à présent?

Je n’ai jamais cessé de parler avec François. J’ai de l’estime pour lui, pour la pertinence de certaines de ses analyses. Il m’a vu grandir en politique. J’espère que nos divergences s’estomperont au profit de ce qui nous rassemble.

Bayrou ne soutient pas davantage Sarkozy aujourd’hui qu’en 2007. Qu’est-ce qui a changé alors?

Dans la crise actuelle, je ne le vois pas soutenir François Hollande. La France ne peut pas se payer le luxe d’un programme aussi irréaliste que celui du PS avec le retour à la retraite à 60 ans, le recrutement de 60000 personnes dans l’Education nationale et de 300000 emplois jeunes, la danse de Saint-Guy avec les Verts sur le nucléaire…

Approuvez-vous son appel à un gouvernement d’union nationale?

Les efforts qu’il faudra fournir sont suffisamment importants pour que la majorité qui sera choisie par les Français en mai 2012 soit la plus large possible. Il y a plus de similitudes aujourd’hui entre ce que dit Bayrou — sur la règle d’or, la capacité à produire en France — et ce que défend Nicolas Sarkozy qu’avec les propositions d’Hollande. Aujourd’hui, François Bayrou se situe dans une opposition dont les thématiques sont compa- tibles avec la majorité actuelle.

Il y a peu, le Nouveau Centre pariait que Bayrou négocierait son ralliement au mieux placé…

Il ne me semble pas dans une posture de ce genre, mais dans l’esprit de gagner et d’être élu à l’Elysée. Et si tel n’était pas le cas, il insistera pour que ses options politiques, proches des nôtres, soient intégrées dans une majorité que j’imagine mal se construire avec un Mélenchon. Beaucoup au Nouveau Centre ont compris que, si François n’a pas l’idée saugrenue de soutenir Hollande, il serait absurde de ne pas retrouver un mode de vie en commun avec lui en 2012.

Pour qui voterez-vous au 1er tour?

Mon choix se jouera entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Je me déterminerai d’ici fin janvier en fonction des programmes présentés.

Vous excluez définitivement de soutenir Hervé Morin, pourtant président du NC?

Oui. Il a engagé une démarche personnelle sans même que notre parti puisse en débattre. Les Français ne s’y intéressent pas. Sa candidature solitaire fait courir un risque mortel au Nouveau Centre.

Jean-Christophe s’oppose à un amendement remettant en cause les emplois de service à la personne

Communiqué de presse

Jean-Christophe Lagarde s’oppose vigoureusement à l’amendement Brunel dans le cadre du PLFR 2011 qui remet en cause les emplois de service à la personne

Jean-Christophe Lagarde s’oppose vigoureusement à l’amendement déposé par Chantal Brunel, député UMP, concernant les services à la personne. L’ amendement prévoit de réserver les réductions d’impôts, pour les activités de loisir et détente, aux personnes âgées, handicapée ou dépendantes.

Cet amendement, que Mme Brunel présente comme un amendement d’économie, est en réalité, un amendement qui fera perdre sur tous les tableaux : les salariés deviendront chômeurs et les déficits publics de l’Etat français se creuseront. 

En effet, avec cet amendement, des employés de service à la personne, se retrouveront inéluctablement au chômage. Ces Français pourront alors avoir la tentation de continuer leur activité au noir, ce qui représenterait un véritable manque à gagner pour l’Etat et ce tout en percevant le chômage. Cette situation serait contraire à l’intérêt général quand on sait que ces travailleurs avaient un travail rémunéré et légal.

Si les économies pour l’Etat français est la seule justification de cet amendement, Jean-Christophe Lagarde souligne que la suppression de la « niche Copé », permettant à des multinationales d’être exonérées d’impôt, pourrait rapporter à la France bien plus; puisque celle ci a couté en 3 ans 12 milliards d’euros selon des estimations basses et 22 milliards d’euros selon les estimations hautes.