Question orale au Gouvernement sur le maintien des agences de pôle emploi en Seine-Saint-Denis.

A l’occasion de la séance des questions orales avec débat du mardi 28 février, Jean-Christophe Lagarde a sollicité le Gouvernement sur le maintien des agences de Pôle emploi en Seine-Saint-Denis.

Vous pouvez retrouver la question en vidéo en cliquant sur ce lien

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde, pour exposer sa question, n° 1728, relative au maintien des agences de Pôle emploi en Seine-Saint-Denis.

M. Jean-Christophe Lagarde. Madame la présidente, je vous remercie pour votre disponibilité, qui me permet de poser ma question à M. le ministre du travail, de l’emploi et de la santé, relative aux changements survenus dans l’organisation de Pôle emploi au cœur de la Seine-Saint-Denis, dans ma circonscription, où se concentrent les plus grandes difficultés d’insertion et de formation professionnelle.

Jusqu’à la fin de l’année 2009, la ville de Drancy, dont je suis le maire, disposait d’une agence Pôle Emploi, ce qui était tout à fait logique pour une ville de 67 000 habitants, confrontée à un très fort taux de chômage, dans un département où le nombre de demandeurs d’emploi est parmi les plus élevés d’Île-de-France.

Du fait d’un incident survenu dans les locaux drancéens de Pôle emploi – un effondrement de plusieurs dalles de faux plafond –, les salariés de Pôle emploi ont été transférés à titre provisoire à Bobigny, dans les locaux de l’agence Pôle emploi de cette ville. Je tiens à signaler qu’à aucun moment le maire de la ville, et pas plus le parlementaire de la circonscription, n’a été informé par Pôle emploi de ce départ en catimini, qui prive 67 000 habitants d’un lien direct avec cette structure et la rend difficile d’accès. C’est là, me semble-t-il, une orientation totalement contradictoire avec la volonté affichée par le Gouvernement en 2007, au moment de la création de Pôle emploi.

J’ai appris que Pôle emploi Île-de-France projetait purement et simplement à cette occasion de supprimer définitivement son antenne drancéenne pour concentrer toute son activité dans des locaux de Bobigny, pérennisant ainsi le regroupement, qui ne devait être que provisoire, des deux antennes locales. Contestant formellement cette démarche, j’ai immédiatement rencontré les responsables régionaux de Pôle Emploi et leur ai proposé des solutions pour réinstaller l’agence locale à Drancy.

Cette rencontre a eu il y a plusieurs mois ; il avait été acté avec la direction régionale Île-de-France que Pôle emploi nous transmettrait une définition de ses besoins, en termes de superficie – environ 700 mètres carrés – et en termes de programmation, afin que nous puissions convenir dans quels délais il serait possible de trouver des locaux correspondant à ses attentes et bien situés dans la ville, de façon à ce que les demandeurs d’emploi puissent accéder facilement à ce service public essentiel.

N’ayant reçu aucune information sur l’évolution de ce dossier, j’ai saisi M. le ministre du travail par courrier le 24 mai 2011, sans avoir à ce jour reçu aucune réponse. Or, à la faveur de l’arrivée d’un nouveau directeur régional de Pôle emploi pour l’Île-de-France, j’ai appris, par l’intermédiaire des syndicats, qu’un nouveau schéma territorial régional d’implantation, sans la moindre concertation avec les élus locaux, avait été soumis au comité d’établissement de Pôle emploi Île-de-France lors de sa séance du 20 janvier dernier, prévoyant la suppression pure et simple du site de Drancy !

Face à cette situation et au silence inacceptable de Pôle emploi, je tiens à réaffirmer ici mon opposition catégorique à l’issue que l’on veut nous imposer, et demande au Gouvernement de bien vouloir intervenir auprès de Pôle emploi afin que les Drancéens et les acteurs locaux qui œuvrent à la réinsertion difficile de demandeurs d’emploi souvent très éloignés de l’emploi ne se voient pas privés d’une structure de proximité indispensable.

Il n’est pas acceptable qu’une seule agence, au demeurant mal desservie par les transports en commun, soit dédiée aux 120 000 habitants des villes de Drancy et de Bobigny.

Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d’État chargée de la santé.

Mme Nora Berra, secrétaire d’État chargée de la santé. Monsieur le député, je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser l’absence de Xavier Bertrand, qui m’a priée de vous transmettre sa réponse.

Vous appelez l’attention du Gouvernement sur le devenir de l’agence de Pôle emploi à Drancy. Comme vous le rappelez, l’agence a été fermée suite à un problème immobilier intervenu fin 2009. L’affaissement de la dalle de béton séparant le premier étage du rez-de-chaussée de l’agence de Drancy a provoqué l’explosion de l’ensemble des murs de cloisonnement, ce qui a conduit les services de sécurité à interdire l’accès aux locaux. Il est apparu, à l’issue d’investigations menées par les architectes à la demande de l’assureur et du bureau Veritas, que cet affaissement résultait de la rupture d’une poutre de fondation. Les agents concernés ont été relogés pour partie dans l’actuelle agence de Bobigny, pour partie dans celle d’Aulnay-sous-Bois.

Vous souhaitez légitimement qu’une solution soit trouvée pour qu’une agence de Pôle emploi puisse être implantée à Drancy. Reste toutefois à trouver la solution immobilière adéquate. Après une recherche longtemps infructueuse d’un site approprié sur la commune de Drancy, une opportunité a été identifiée par les services de la ville. Il apparaît toutefois que le site proposé présente des non-conformités importantes au regard des contraintes d’accueil du public et du référentiel d’organisation des agences de Pôle emploi, qui conditionne la qualité du service apporté aux demandeurs d’emploi. Un travail plus approfondi devra être mené par les services techniques de Pôle emploi Île-de-France, en lien avec les services de la ville de Drancy, afin de déterminer si, moyennant des aménagements, le site peut être mis en conformité pour accueillir une agence Pôle emploi à Drancy.

C’est dans cet état d’esprit constructif que nous nous situons, et vous pouvez compter, monsieur le député, sur l’attention constante du ministre du travail, de l’emploi et de la santé sur ce dossier.

Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Christophe Lagarde.

M. Jean-Christophe Lagarde. Madame la secrétaire d’État, je ne doute pas du caractère constructif de la démarche du Gouvernement ; mais permettez-moi de vous dire que je doute plus qu’un peu – c’est un euphémisme ! – du caractère constructif de la démarche de Pôle emploi Île-de-France !

Comme je vous l’ai expliqué, à aucun moment les responsables de Pôle emploi n’ont cherché à consulter ni même à informer les élus locaux. Depuis un an et demi, j’attends une réponse à ma demande. Je pense que l’on vous ment, que les services de Pôle emploi vous mentent : il n’y a pas eu de recherche de locaux. Ou plus exactement, elle s’est faite sans même contacter le maire afin de savoir s’il avait quelque chose à proposer. C’est proprement ridicule. Ridicule et scandaleux !

M. Jean Mallot. Eh bien ! C’est ce qui s’appelle parler clairement !

M. Jean-Christophe Lagarde. Il y a quelques jours, j’ai enfin été contacté par les responsables régionaux de Pôle emploi. Pourquoi ? Parce qu’ils savaient que j’allais poser cette question au Gouvernement ! Cela faisait des mois que nous n’entendions plus parler d’eux ! Je trouve cette attitude scandaleuse et je veux la dénoncer de cette tribune : il ne doit pas être nécessaire d’être représentant de la Nation pour pouvoir entrer en contact avec le service public.

Enfin, quand bien même une antenne de Pôle emploi serait réimplantée à Drancy dans les années à venir, rien ne justifiait la présentation, devant le comité d’établissement, d’un nouveau schéma territorial prévoyant la fermeture définitive du site de Drancy. Je dénonce énergiquement le procédé consistant à profiter d’un accident immobilier pour réaliser quelques économies d’échelle qui vont, en réalité, pénaliser l’accès de milliers de personnes au service public de l’emploi. Je sais que le Gouvernement va essayer de m’aider, mais je tiens à dire que la direction de Pôle emploi en Île-de-France a montré qu’elle était capable de travailler de façon parfaitement contraire aux intérêts des personnes dont elle a la charge.

Jean-Christophe Lagarde dénonce le double discours du candidat François Hollande sur le répertoire national du crédit

Hier, dans l’émission politique de TF1 « Paroles de candidat », le candidat François Hollande s’est engagé pour la mise en place d’un répertoire national des crédits, un répertoire qui lutte contre le surendettement, en répondant à une question de Jean-Louis Kiehl, président de l’association CRESUS.

Jean-Christophe Lagarde, qui a porté 6 propositions de lois depuis 2002 qui visaient toutes à mettre en place un répertoire national des crédits et dont la dernière a même été discuté le 26 janvier dernier à l’Assemblée, a été stupéfait d’entendre le candidat socialiste se prononcer en faveur de la mise en place de ce répertoire.
Pour Jean-Christophe Lagarde, François Hollande grimpe au sommet du double discours, « si le candidat socialiste est pour la mise en place d’un répertoire national du crédit, pourquoi les députés et sénateurs socialistes se sont exprimés contre ce fichier à deux reprises ces trois derniers mois ? »

Au Sénat, le 22 décembre 2011, les socialistes, majoritaire dans cette assemblée, ont rejeté par 139 voix sur 140 sénateurs PS, l’amendement défendu par Valérie Létard et Daniel Dubois.
A l’Assemblée, le 26 janvier 2012, les socialistes présents lors du débat sur la proposition de loi de Jean-Christophe Lagarde, ont également tous voté contre la mise en place d’un répertoire national du crédit.

«  François Hollande, qui est député, avait une occasion de mettre en cohérence son action et ses promesses de campagne. Il ne l’a pas fait ! C’est un indicateur pour l’avenir de l’as du double discours. »

Le journal du dimanche.fr Jean-Christophe Lagarde : « Morin a voulu un congrès d’affrontement »

Interview pour le Journaldudimanche.fr
Par Gael Vaillant

Lundi matin, Hervé Morin a qualifié votre comportement lors du congrès du Nouveau centre de « voyou », vous accusant d’être à l’origine du déroulement mouvementé du congrès. Que lui répondez-vous?

Je pardonne facilement les insultes. Hervé Morin fait surtout preuve d’amertume. Imaginez qu’il y a quinze jours, il se voyait encore un destin de présidentiable. Et aujourd’hui, il est dans la recherche d’un bouc-émissaire. Mais c’est me faire beaucoup d’honneur. Ce n’est pas mon influence politique, très relative, qui l’a forcé à abandonner. A sa place, au lieu de que de pointer du doigt Jean-Christophe Lagarde, je chercherai plutôt à régler le problème qu’il a avec le peuple français.


Est-il vrai que vous avez affrété, comme l’écrit Libération, trois cars de supporters qui avaient pour mission de huer le discours d’Hervé Morin

?
Lorsqu’un congrès extraordinaire a lieu, chaque responsable de fédération vient avec ses militants. Ce n’est pas de ma faute si j’amène 250 personnes. La vraie question qu’Hervé Morin devrait se poser est pourquoi, quand il convoque un congrès extraordinaire, il n’y a en dehors de la fédération du 93, que 350 personnes  dans la salle. Il y a trois ans, le parti comptait 18.000 adhérents. Il n’y en a plus que 7.300 aujourd’hui. Et seuls 23% d’entre eux ont voté sa motion [soit 67,6% des2.499 votants, le reste des militants s'étant abstenu, Ndlr]. Le président du Nouveau centre doit donc se poser la question du bilan.

Reste que le congrès a été très tendu et le discours d’Hervé Morin a été sifflé par une grande partie de la salle…

Oui, il y a eu des sifflets contre Hervé Morin. Mais en quoi sont-ils plus indécents que les quatre premiers rangs pro-Morin – environ 110 personnes – qui n’ont cessé de siffler Olivier Jardé et Jérémy Coste [respectivement député de la Somme et président des jeunes centristes qui ont défendu chacun une motion face à Hervé Morin, Ndlr]? Forcément, quand Hervé Morin est monté en dernier à la tribune, il a déclenché une réaction.

La préparation du congrès présageait-elle cette tension?

Lors du comité exécutif qui a précédé, Olivier Jardé, moi-même et d’autres avons proposé qu’Hervé Morin présente une motion de synthèse, unique donc, en vue du congrès. Cela permettait d’entrer de plain-pied et ensemble dans la phase de négociation avec l’UMP. Hervé Morin a refusé et a voulu un congrès d’affrontement. Il a même contribué au mauvais déroulement de cette réunion.

C’est-à-dire?

Si je ne prends qu’un exemple, pour ce qui concerne les militants de Seine-Saint-Denis, dont je suis député, ils ont appris, dans un article du Monde daté de vendredi que leurs votes seraient  « observés avec attention » par le « clan Morin ». Au dela de la stigmatisation, cela laissait dubitatif quant à la transparence du scrutin.

La motion d’Hervé Morin l’a emporté ce samedi. Cela veut-il dire que les militants soutiennent leur président de parti?

Sa motion est forcément arrivée première, puisque nous avions choisi de boycotter le vote de ce congrès. Pendant deux ans, Hervé Morin a dit qu’il ne voterait jamais Nicolas Sarkozy au premier tour. Pendant un an, il a déclaré qu’il serait candidat jusqu’au bout. A dix jours d’un congrès qu’il avait convoqué précipitamment, il a retiré sa candidature. Ce congrès n’avait donc plus aucun sens. Comme l’a dit Olivier Jardé, Hervé Morin, par ce vote, souhaitait seulement absoudre  une faute celle d’avoir emmené son parti dans une aventure personnelle. Et on voit bien qu’à ça ne passe pas , la preuve : environ 5.700 adhérents n’ont pas voté.

Selon les partisans d’Hervé Morin, sa candidature a été utile, donnant davantage d’espace médiatique au Nouveau centre…

Hervé Morin s’est fait huer samedi par les deux tiers de la salle, quand il a déclaré que sa candidature avait été utile. Cela prouve que les militants, venus de toute part, n’étaient pas d’accord avec lui. Nous, les cadres du parti, croyons que les 0,5%d’intentions de vote dont M.Morin était crédité ne représentent pas la force de notre formation qui compte une quarantaine de parlementaires, des centaines d’élus locaux.

Hervé Morin doit-il désormais démissionner
?
Cette situation pose en tout cas la question de la gouvernance du parti. François Sauvadet [ministre de la Fonction publique et vice-président du Nouveau centre, Ndlr] l’a d’ailleurs affirmé. Tout comme d’autres cadres du parti.

Le Nouveau centre risque-t-il d’imploser?

Pour éviter cela, il faudrait que le président de notre parti sache ramener de la sérénité et non chercher des boucs-émissaires. Il a sans doute besoin de se reposer pour digérer son échec. Nous verrons à l’automne comment gérer les problèmes de gouvernance et, si besoin, changer de direction. Mais d’ici là, il y a la présidentielle et les législatives. Après ces dernières, le centre doit se reconstruire, unir ses forces au sein d’une majorité renouvelée et élargie en partenariat avec l’UMP.

Plusieurs sénateurs, emmenés par Yves Pozzo di Borgo, ont décidé de soutenir la candidature du MoDem. Vous étiez porte-parole de François Bayrou en 2007. Pourquoi avoir choisi Nicolas Sarkozy aujourd’hui?

Le danger de l’extrême droite n’est pas écarté, on ne peut donc pas se permettre la dispersion des votes au 1er tour. Je ne sais pas où va François Bayrou ; va t-il appeler à voter pour la gauche au second tour ? Mais surtout Nicolas Sarkozy, au cours de ces 2 dernières années, s’est rapproché de nous sur des sujets aussi importants que la gouvernance économique de l’Europe, la règle d’or d’équilibre budgétaire, la taxation sur les transactions financières ou encore la TVA dite sociale. Nous conservons bien sûr des différences mais elles enrichissent la majorité actuelle. 

En 2008, vous aviez été signataire de l’Appel du 14 février pour une vigilance républicaine. Quatre ans plus tard, est-ce que Nicolas Sarkozy se trouve à la hauteur de sa fonction?

Pendant trois ans, de 2007 à 2010, j’étais en désaccord avec un certain nombre de choses qui se faisait au sein de la majorité. Mas depuis deux ans, sous l’effet de la crise économique et après avoir dirigé le G20, le chef de l’Etat a réellement enfilé les habits de Président. Il a même fait accepter le principe de la taxe sur les transactions financières par la plupart des pays européens.  Nicolas Sarkozy a appris de sa fonction. Tout le monde reconnaît d’ailleurs que les deuxièmes mandats de François Mitterrand ou de Jacques Chirac sont meilleurs que les premiers. C’est une chose de refaire le monde au bureau national au parti socialiste, mais il y a la réalité du monde et l’expérience de l’Etat est une toute autre chose. 

Réaction à la proposition de Nicolas Sarkozy d’introduire une dose de proportionnelle pour les élections législatives

« L’ouverture dont fait preuve le président de la République est un signe positif. On l’a toujours demandé. Ça prouve que l’on pèse sur les orientations du candidat. Mais il faudra voir quelle sera la part de députés élus à la proportionnelle. »

Extrait de l’article de ParisMatch.com  » la majorité hésite face à la proportionnelle. »

Info média samedi 18 février 2012

De 11h30 à 12h20, Jean-Christophe Lagarde est l’invité de « La voix est libre » sur France 3 Ile de France.

A partir de 14h00, « Envoyé Spécial, la suite » diffusée sur France 2 consacre une partie de son émission à Jean-Christophe Lagarde, de sa première campagne municipale à Drancy jusqu’à aujourd’hui. Vous pouvez retrouver la bande-annonce de l’émission en cliquant ici

Interview L’express.fr. Retrait de Morin « il fait preuve de dignité »

Interview sur l’Express.fr par Michel Veron

Hervé Morin n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Opposé à cette aventure, le président exécutif du Nouveau centre, Jean-Christophe Lagarde, invite désormais son parti à engager un dialogue constructif avec l’UMP.

Hervé Morin a finalement retiré sa candidature à l’élection présidentielle? Vous saluez cette décision?

J’étais en désaccord total avec cette candidature depuis le début. Je savais qu’Hervé Morin ne parviendrait pas à convaincre les Français de l’intérêt de sa candidature. J’avoue d’ailleurs n’avoir jamais compris sa démarche.
Maintenant, il se retire et je salue cette décision. Je trouve également très bien la manière dont il assume l’échec personnel de sa candidature. Dans sa lettre aux militants, il fait preuve de dignité et ne cherche pas de pretextes pour expliquer son retrait.

Comme vous, il soutient à présent la candidature de Nicolas Sarkozy. Peut-on dire le Nouveau centre parle désormais d’une seule voix ?

Oui, enfin. Mais nous avons perdu beaucoup de temps. Nous devons ouvrir une nouvelle période. Il faut renouer le dialogue avec l’UMP et élaborer avec eux un contrat de gouvernement équilibré. Notre soutien n’est pas sans condition; il est sous condition. Nicolas Sarkozy et l’UMP disent vouloir gouverner avec une majorité élargie. Donc mettons-nous autour d’une table et discutons.

Finalement, ni Jean-Louis Borloo, ni Hervé Morin ne seront candidats à l’élection présidentielle. Est-ce là l’acte de décès de l’Arès, la grande alliance du centre-droit composé du Nouveau centre et du Parti Radical?

Pas du tout. L’Ares conserve sa vocation à présenter un nombre conséquent de candidats aux élections législatives pour ainsi former un groupe parlementaire. Si nous gagnons, la future majorité ne devra pas être composée d’un seul parti mais de deux partenaires. Ceci oblige évidemment à faire des concessions de part et d’autre.

BFM Business : Jean-Christophe Lagarde dans « Face à la campagne »

BFM Business réunit des élus de terrain pour commenter l’actualité présidentielle.
Au programme :
- le plan de rigueur grec
- le candidat Nicolas Sarkozy et ses premières propositions : la formation des chômeurs, l’immigration…
- « le made in France »
- le mode de parrainage pour la présidentielle

France Soir vidéo : Sarkozy, Hollande, Le Pen, Bayrou…

Le centriste Lagarde:  »Bayrou doit nous rejoindre » – FRANCESOIR.fr
Jean-Christophe Lagarde, député et maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), est numéro deux du Nouveau Centre, présidé par Hervé Morin. VIDÉO.

France Soir « Il y a ceux qui donnent des preuves d’amour aux banlieues et ceux qui leur font de grandes déclarations d’amour, mais qui ne font rien »

Interview par Marie-Laure Hardy et Dominique de Montvalon

France-Soir. En déclarant que «toutes les civilisations ne se valent pas», Claude Guéant a-t-il agi en service commandé, ou a t-il fait du zèle ?

Jean-Christophe Lagarde Il ne s’agissait, à mon avis, ni d’une provocation ni d’un calcul. D’ailleurs, la phrase de Claude Guéant n’avait pas vocation à être rendu publique. Pris dans leur ensemble, les propos du ministre de l’Intérieur ne sont pas choquants. Je prends un exemple: il est indéniable que la civilisation chinoise est centrée sur le groupe et non sur la personne. Sous cet angle, elle est moins proche des valeurs d’humanisme qui sont les nôtres. Pour le reste, je suis outré de voir la gauche, au moindre désaccord avec nous, se rouler par terre, littéralement…

F-S. En tant que maire d’une commune de Seine-Saint-Denis, comment expliquez-vous le silence des candidats sur la question des banlieues ?

J-C.L Pourquoi les huit millions de Français des quartiers populaires n’intéressent-ils pas le PS ? Parce qu’il les considère comme acquis. Les socialistes pensent qu’ils voteront automatiquement pour eux car ils incarnent les « gentils ». Mais ils se trompent. La gauche se borne, par exemple, à proposer que l’Etat donne des terrains supplémentaires, ce qui reviendrait à recréer les ghettos des années soixante ! En plus, donner un terrain à un maire ne garantit en rien qu’il va y construire des logements sociaux.

F-S. En 2007, vous avez été le seul député centriste à ne pas soutenir Nicolas Sarkozy. Qu’est-ce qui vous a amené à changer d’avis cette année ?

J-C.L Je ne renie rien des divergences que j’ai eu, dans le passé, avec le chef de l’Etat. Mais il a évolué et s’est rapproché de nous, centristes, sur plusieurs sujets qui nous sont chers depuis longtemps: la règle d’or sur l’équilibre budgétaire, la taxe sur les transactions financières et la TVA sociale. C’est même courageux de la décider juste avant des élections.

F-S. Peut-il encore gagner ?

J-C.L Clairement, François Hollande n’a pas la stature pour changer le pays. Si les Français décident de tourner la page quoi qu’il arrive pour se donner l’illusion du changement, Nicolas Sarkozy sera battu. En revanche, si les électeurs se demandent qui peut être le bon président en ces temps de crise, il sera réélu.

F-S. La Chancelière allemande Angela Merkel soutient ouvertement Nicolas Sarkozy. Est-ce vraiment, pour lui, un atout ?

J-C.L Elle représente la droite allemande (la CDU. NDLR). Donc, c’est normal qu’elle soutienne Sarkozy, comme la gauche allemande (le SPD. NDLR) soutient François Hollande sur la plupart des sujets, à l’exception de la règle d’or à laquelle le SPD, lui, est favorable. Je pose une question: l’Europe traverse une crise terrible qui a failli faire disparaître l’euro, et on su tenir dans la tempête. Alors, pourquoi changer un «couple» qui marche ? Pour le remplacer par un couple qui ne marchera pas ? Car il ne faut pas se raconter d’histoires: si Hollande était élu, Angela Merkel refuserait de payer pour ses dépenses inconsidérées.

F-S. Le centre sera t-il l’arbitre des futures élections législatives ?

J-C.L Il faut plutôt se demander si le centre sera en position d’arbitre à l’issue des législatives. L’UMP possède aujourd’hui la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une majorité qui cesse d’être monolithique et serait fondée sur la coalition de nos deux familles politiques, voilà qui éviterait tous les excès et dérapages qu’on a connus. Et j’espère que François Bayrou va nous rejoindre pour qu’on bâtisse ensemble une majorité renouvelée et élargie, qui avancera sur deux pieds. Et pas sur un seul.

F-S. Le Congrès du Nouveau Centre aura lieu le 25 février. Hervé Morin va t-il jeter l’éponge avant?

J-C.L Je n’en sais rien. Il y a bien longtemps que je ne comprends plus la démarche d’Hervé Morin. Mais le plus tôt sera le mieux. Maintenir sa candidature, c’est suicider notre famille politique. De toute évidence, la démarche personnelle d’Hervé Morin n’a convaincu personne. Tout le monde peut se tromper : Hervé doit juste trouver un moyen digne de se retirer. Au plus vite.

F-S. Marine Le Pen assure qu’elle ne parvient pas à obtenir ses 500 signatures. Envisagez-vous de lui donner un coup de main ?

J-C.L Quand je rentre sur un terrain de foot, je ne demande pas à ce qu’on change les règles parce que je ne suis pas capable de jouer le match ! Si elle obtient ses 500 signatures, tant mieux. Si elle ne les a pas, il fallait qu’elle s’y prenne autrement. En 2002, François Bayrou avait obtenu 504 signatures. Lui n’a jamais crié au scandale. De toute façon, je pense que Marine Le Pen bluffe.

F-S. Lee Zeitouni, c’est cette jeune femme tuée à Tel Aviv par deux chauffards français. Etes-vous favorable à leur extradition en Israël ?

J-C.L La France n’extrade pas ses ressortissants. C’est comme cela. Nicolas Sarkozy respecte le droit : qui le lui reprochera ? Mais cela ne veut pas dire que ces deux hommes doivent échapper à une sanction. Il faut donc que la famille de Lee Zitouni porte plainte en France. Je suis prêt à les y aider s’ils le souhaitent.