MEDIAPART a suivi Jean-Christophe Lagarde dans son quotidien
Articles rédigé par Michaël Hajdenberg
Partie 1 : Etre maire à Drancy (93): au four, au moulin et à l'hôtel de ville
Seul face à 66.000 habitants. «Quand vous êtes dans une ville de 20.000 ou 25.000 habitants, vous pouvez connaître et suivre tout le monde, explique Jean-Christophe Lagarde, le maire de Drancy. Quand vous êtes dans une ville de 100.000 habitants ou plus, personne ne s'attend à ce que vous sachiez qu'un môme s'est cassé une jambe à cause de la neige. Ici, les gens attendent de moi que je sache tout, alors que c'est impossible. Je sais peut-être 90% de ce qui se passe.»
Le maire dit pouvoir mettre «seulement» 4.000 ou 4.500 noms sur des visages. «En revanche, je me souviens parfaitement des situations. Les gens commencent à me raconter et là je me souviens de ce qu'ils m'ont dit la dernière fois, même si c'était il y a longtemps.»
Autant le dire d'emblée, suivre pendant plusieurs jours Jean-Christophe Lagarde dans son activité de maire est impressionnant. Au-delà des choix politiques qu'il fait comme député Nouveau Centre (voir sous l'onglet Prolonger). Et sans juger des orientations prises à l'échelle de sa ville, forcément discutables. Simplement en raison de la quantité de travail abattu, de la maîtrise de chaque dossier, de sa connaissance de chaque pas de porte. (...)
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Partie 2 : Etre maire à Drancy (93): «Vous avez peur, vous?»
«Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse?» Jean-Christophe Lagarde, le maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), ne le dit pas méchamment. Juste d'un ton las. Deux femmes, qui disent savoir qu'il ne peut rien mais veulent quand même que l'élu soit informé, racontent le calvaire de leur vie en résidence, par la faute «de voisins qui se prennent pour des flics». Ce samedi matin, dans son bureau qui fait, dit-il, office de «grand confessionnal», il compatit à leur sort, pendant près de 45 minutes. Comme il a compati, quelques minutes plus tôt, à la situation d'un couple, dont l'animal se fait maltraiter par des collégiens du quartier, mais qui «refuse de mettre un panneau chien méchant car il n'est vraiment pas méchant notre chien».
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