Interview La Croix : « La mixité sociale devientde plus en plus un leurre »

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François Fillon doit installer demain le Conseil national des villes. Cette institution pourra émettre des avis ou recommandations en matière de politique de la ville. Une cinquantaine de maires ont signé ce week-end un texte appelant à une « mobilisation politique réelle en faveur des banlieues les plus difficiles »

Que demandez-vous au gouvernement pour les banlieues ?

JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE : Depuis trente ans, la France assume sans le dire une vraie politique de ségrégation. La mixité sociale devient de plus en plus un leurre. Les gens qui en ont la possibilité choisissent de vivre avec ceux qui leur ressemblent et on regroupe les populations défavorisées dans les mêmes endroits. On a concentré huit millions de personnes dans des quartiers sensibles car 52 millions refusent que les choses bougent. Les communes qui concentrent ces populations défavorisées sont en outre souvent celles qui ont à la fois le moins de ressources et le plus de besoins en matière d'accompagnement social. Nous avons lancé un appel parce que les émeutes de 2005 dans les banlieues n'ont pas suffi à faire bouger les choses. Si l'on accepte cette spécialisation territoriale, nous nous préparons à de très graves difficultés.

Que faut-il faire selon vous en priorité ?

L'État a engagé des sommes considérables, avec 42 milliards d'euros dans le programme de rénovation urbaine de 500 quartiers. Mais on ne s'est pas attaqué au problème de l'inégalité entre les communes. Pour porter ses fruits, la rénovation urbaine doit s'accompagner d'une remise à plat de la politique de la ville. L'État doit d'abord imposer le respect de la loi SRU qui fixe aux municipalités un objectif de 20 % de logements sociaux. Si des maires ne s'y conforment pas, c'est bien parce qu'ils sont les otages de leur population. Que l'État fasse son travail et qu'il réquisitionne en dernier recours des terrains. Il faut également que les maires ne puissent pas échapper à la loi en payant des pénalités. C'est un principe scandaleux que de pouvoir payer pour rester entre riches... Les pouvoirs publics pourraient rendre ces édiles inéligibles à la fin de leur mandat s'ils n'ont pas de plan à 3, 5 et 10 ans.

Plusieurs maires évoquent aussi des problèmes de péréquation...

Il faut que l'État travaille à une réelle équité entre les communes en actualisant les cartes des zones urbaines sensibles qui ont été définies en 1994. Certaines communes accueillent aujourd'hui des populations défavorisées, mais aussi des quartiers plus aisés et des entreprises. Elles ont les moyens de pallier une partie de leurs difficultés. Des maires ont pourtant pris l'habitude de toucher des aides et ne veulent pas que cela change. Il faut que la dotation de solidarité urbaine (DSU) soit à l'avenir calculée selon les critères de pauvreté des populations mais aussi des communes. C'est l'une des conditions de la péréquation.

Propos recueillis par MICHEL WAINTROP



 
 

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    mamane : Fonctionnaire de police nationale, originaire de Martinique, en fonction à Paris; militant Nouveau Centre,j'ai visionné votre intervention suite au décès d'Aurélie FOUQUET, je suis vraiement touché par vos propos car rare sont les élus, qui comme vous, sont confrontés quotidiennement aux difficultées de personnes, pour certaines, stigmatisés, et qyui n'ont pas toujours de bon rapport avec les forces de l'ordre. Loin de prendre parti (il vous serait bien facile de le faire pour fidéliser les électeurs), vous faites preuves d'objectivités et de clairvoyance. Dommage, que la réponse n'est pas été à la hauteur de la teneur de votre question, d'autant plus qu'un effort considérable devrait etre fait sur la formation continue au sein de la Nationale un audit dessus serait sans doute le bienvenue.
    Ze Big Killer : Votre proposition de loi visant à restreindre l'immixtion des moteurs de recherche dans la vie privée risque de priver l'industrie hotellière, l'immobilier, etc. d'un outil exceptionnel.
    Emmanuel : Je ne voterais plus pour l'UMP mais j'ai découvert que vous avez une liste indépendante, alors, oui, ancien membre de l'UDF, je voterais pour vous.
    eluNCIDF : Bravo pour votre action pour avoir une liste indépendante aux régionales. Dans les régions où on dépassera raisonnablement 5% il faut y aller sinon nous n'existerons pas et l'IDF c'est la bonne région avec andré santini et JC Lagarde
    Edmond : J'ai participé aux Etats Généraux de l'Outre-Mer à Drancy et j'ai trouvé les échanges très intéressants. Espérons que les travaux lancés par M. KARAM aboutiront à un résultat positif !!!!En tous les cas bravo à Drancy d'avoir accueilli cet événement.
    Estelle : M. LAGARDE je tenais à vous remercier pour la question que vous avez posé à l'Assemblée nationale relative à la rémunération de l’accompagnement éducatif des élèves hors temps scolaire. J'espère que cette intervention fera avancer les choses.
    cabhal : Merci pour avoir dit non au projet de la loi HADOPI.
    Harlock : Merci, merci quand même d'avoir voté contre HADOPI, merci de vos prises de positions. Même si la loi est passée, ce n'est que partie remise !




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