Google Street View : les députés veulent des règles

Jean-Christophe Lagarde souhaite que les Français soient consultés avant la diffusion de certaines images. Plusieurs plaintes visant Google Street ont déjà été déposées par des particuliers.

C'est le buzz du moment. Un de ces gags involontaires que propulse l'Internet. Trois cyclistes qui se reposaient entièrement nus dans les rues du village naturiste de Port Leucate, dans le sud de la France, ont vu leur anatomie dévoilée à un vaste public d'internautes. Ces sportifs devaient être distraits lorsque la camionnette ou le vélo de Google surmontés d'une caméra les a filmés cet été, pour documenter un nouveau service, Google Street View, qui permet, depuis son ordinateur, d'arpenter les rues de chaque ville, avec une vue à 360 degrés. Sur l'image, les visages étaient bien floutés comme le prévoient les règles de confidentialité, mais le reste de leur corps était offert à tous les zooms. Sur Twitter, l'image a fait fureur. Obligeant Google à jeter un voile pudique sur les cyclistes.

Cette mésaventure vient renforcer le front anti-Google Street View. Car si ce service, accessible depuis Google Maps, s'avère bien pratique pour repérer un itinéraire ou encore le lieu exact d'une location de vacances réalisée sur photo, il sert aussi les voyeurs.

Les plaintes se multiplient

En France, le député du Nouveau Centre, Jean-Christophe Lagarde, a déposé début décembre une proposition de loi pour restreindre les «immixtions des moteurs de recherche dans la vie privée ». «Il est invraisemblable que l'on puisse regarder chez vous, au-dessus de vos palissades, de vos clôtures, pour exposer à tous votre logement, sans même demander l'autorisation préalable», explique le député. Il propose «d'interdire de collecter ou de traiter des données faisant apparaître des immeubles d'habitation (...) sauf dans le cas où les occupants de ces lieux ont expressément donné leur accord.» En clair, de mettre fin à l'actuel service.

Jean-Christophe Lagarde espère recueillir prochainement les signatures pour présenter sa proposition dans une niche parlementaire. «Aujourd'hui, nous sommes dans la situation absurde où celui qui veut protéger sa vie privée doit, a posteriori, demander que l'on supprime l'image de sa maison. Il faut inverser la séquence», regrette le député. Car le péril est selon lui bien réel. «Les administrations pourront voir sur Google Street View ce qu'il en est de votre patrimoine, compter vos voitures. Tout comme votre employeur va vérifier si vous logez dans un coin délabré, une cité. Ces éléments sur le mode de vie ne regardent personne.»

Les plaintes se multiplient d'ailleurs en France depuis que Google Street s'est vraiment lancé début 2009. Beaucoup craignent les cambriolages. Vingt-deux habitants d'un quartier pavillonnaire en périphérie de Toulouse ont écrit à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) pour demander le retrait et la destruction de l'ensemble des prises de vue effectuées dans leur quartier. «Ils indiquent que des vues plongeantes réalisées à partir de caméras installées en haut d'un mât télescopique de 2 mètres permettent de visualiser sur Internet des vues des maisons que les riverains ont pris soin d'entourer de haies suffisamment hautes pour justement préserver leur intimité !» explique-t-on à la Cnil.

De son côté, Google assure respecter la volonté des internautes, puisqu'un outil permet de «signaler un problème». Officiellement, les utilisateurs peuvent demander à ce que leur domicile ne soit pas exposé sur le fondement de leur droit au respect de la vie privée. Mais le retrait n'est pas acquis. Une famille bretonne a sollicité la Cnil après «avoir découvert sur Internet une photo de sa maison. Jusque-là rien qui pouvait l'inquiéter, si ce n'est que les vues de l'arrière du domicile permettent de voir leur fille de 4 ans en sous-vêtements en train de s'habiller». Or l'adresse de la maison est indiquée. Les parents ont, sans succès, demandé la suppression des vues au moyen de l'outil prévu à cet effet par Google.

Les autres plaintes évoquent, en plus de l'atteinte à la vie privée, les problèmes de sécurité, car «les fonctions de zoom et de rotation de l'image permettent en effet à n'importe qui d'étudier en ligne les accès (…), la nature des serrures, les espaces extérieurs.» La polémique éclate dans tous les pays. Aux États-Unis, une famille américaine accusait Google d'avoir violé leur vie privée en publiant des photos de leur maison. La justice n'a pas suivi. Mais Google a dû s'engager à flouter les visages en Amérique du Nord. En Europe, l'Allemagne a obtenu que les maisons soient également floutées sur les photos prises, tandis qu'en Grande-Bretagne, un mari infidèle s'est ainsi fait pincer suscitant un vif émoi général !

Cécilia Gabizon 14/12/2009 - Le Figaro



 
 

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    mamane : Fonctionnaire de police nationale, originaire de Martinique, en fonction à Paris; militant Nouveau Centre,j'ai visionné votre intervention suite au décès d'Aurélie FOUQUET, je suis vraiement touché par vos propos car rare sont les élus, qui comme vous, sont confrontés quotidiennement aux difficultées de personnes, pour certaines, stigmatisés, et qyui n'ont pas toujours de bon rapport avec les forces de l'ordre. Loin de prendre parti (il vous serait bien facile de le faire pour fidéliser les électeurs), vous faites preuves d'objectivités et de clairvoyance. Dommage, que la réponse n'est pas été à la hauteur de la teneur de votre question, d'autant plus qu'un effort considérable devrait etre fait sur la formation continue au sein de la Nationale un audit dessus serait sans doute le bienvenue.
    Ze Big Killer : Votre proposition de loi visant à restreindre l'immixtion des moteurs de recherche dans la vie privée risque de priver l'industrie hotellière, l'immobilier, etc. d'un outil exceptionnel.
    Emmanuel : Je ne voterais plus pour l'UMP mais j'ai découvert que vous avez une liste indépendante, alors, oui, ancien membre de l'UDF, je voterais pour vous.
    eluNCIDF : Bravo pour votre action pour avoir une liste indépendante aux régionales. Dans les régions où on dépassera raisonnablement 5% il faut y aller sinon nous n'existerons pas et l'IDF c'est la bonne région avec andré santini et JC Lagarde
    Edmond : J'ai participé aux Etats Généraux de l'Outre-Mer à Drancy et j'ai trouvé les échanges très intéressants. Espérons que les travaux lancés par M. KARAM aboutiront à un résultat positif !!!!En tous les cas bravo à Drancy d'avoir accueilli cet événement.
    Estelle : M. LAGARDE je tenais à vous remercier pour la question que vous avez posé à l'Assemblée nationale relative à la rémunération de l’accompagnement éducatif des élèves hors temps scolaire. J'espère que cette intervention fera avancer les choses.
    cabhal : Merci pour avoir dit non au projet de la loi HADOPI.
    Harlock : Merci, merci quand même d'avoir voté contre HADOPI, merci de vos prises de positions. Même si la loi est passée, ce n'est que partie remise !




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