Inquiet, le Nouveau Centre fait des propositions pour limiter la dérive des comptes

Les critiques ne manquent pas, les propositions non plus. Réunis à Hem (Nord), lundi 28 et mardi 29 septembre, les parlementaires du Nouveau Centre (NC) ont longuement disserté sur les projets de loi de finances (Etat, Sécurité sociale). Mais leur président, Hervé Morin, ministre de la défense du gouvernement de François Fillon, leur a rappelé qu'il fallait "concilier l'exigence de solidarité gouvernementale et l'expression de nos différences".
Au moment où est présenté le projet de budget pour 2010, les élus centristes (24 députés et 10 sénateurs) s'inquiètent du niveau des déficits. "Il faut aider Eric Woerth à aller plus loin dans la maîtrise", plaide leur porte-parole sur les questions budgétaires, Charles de Courson (Marne). Le projet de budget présente un déficit de 116 milliards. Si on veut le réduire en une dizaine d'années, il faudra faire 5 à 6 milliards d'économies supplémentaires." Les néocentristes ont fait leurs comptes. Ils proposent de "raboter de 5 % l'ensemble des niches fiscales". Dispositif qui rapporterait 3,5 milliards d'euros d'économies. "Le débat sur les niches fiscales a été refermé par le rapporteur général (Gilles Carrez). Il doit être rouvert", plaide François Sauvadet (Côte-d'Or), le président du groupe NC de l'Assemblée.
Le Nouveau Centre propose aussi de trouver 1,5 milliard d'économies dans la réduction des exonérations de charges dont bénéficient les grandes entreprises. "Ça ne produit rien pour l'emploi, mais ça produit du déficit", tranche Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis). Le premier ministre, François Fillon, invité à leur journée parlementaire, leur a aussitôt rétorqué qu'"il est trop simple d'opposer les grandes et les petites entreprises".
Cela n'a pas empêché les centristes de rappeler leur souhait de sortir la CSG et la CRDS du bouclier fiscal. Sur ce point, le chef de l'Etat a prévenu : c'est non. M. de Courson n'en démord pas. "Nous n'avons pas changé d'un iota. Nous gagnerons, c'est inéluctable." Ils souhaiteraient voir réinvesti le 1,5 milliard d'euros ainsi dégagé dans des mesures pour l'emploi des jeunes, avec une exonération totale de charges pour le premier emploi d'un 18-25 ans en contrat à durée indéterminée.
"Suiveurs silencieux"
Sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le Nouveau Centre fait aussi entendre sa différence. Il demande une augmentation de 0,2 point de la CRDS, afin de "payer, au moins, les intérêts de la dette". Mais le gouvernement leur oppose son refus d'augmenter les prélèvements obligatoires. Quant au passage du forfait hospitalier de 16 à 18 euros, les centristes jugent que "c'est trop". "Pas plus que l'inflation", demande M. Sauvadet, sans guère de chances d'être entendu.
Sur le même dossier, la proposition de Jean-François Copé (UMP) de fiscaliser les indemnités d'accident du travail a été fraîchement accueillie. "Ce n'est pas en faisant les poches des accidentés du travail qu'on va régler le problème de la dette", s'est emporté Maurice Leroy (Loir-et-Cher). "Ce n'est pas un bon signal", admet M. Sauvadet, sans toutefois s'engager à voter contre.
Dans son discours de clôture, M. Fillon a dit accueillir les propositions centristes "avec sympathie", sans prendre d'engagement. "Le gouvernement n'a toujours pas compris que la majorité marche sur ses deux jambes. Il faut sortir de l'idée que nous n'avons qu'à être des suiveurs silencieux", peste M. Lagarde.
Blog
Député
Nouveau Centre
Liens
Livre
JCL TV
Shoutbox
Presse