En Île-de-France, Santini montre ses muscles

Dimanche 27 septembre à Rosny-sous-Bois, l'ancien secrétaire d'Etat André Santini a confirmé être tenté de conduire une liste autonome du Nouveau Centre en Île-de-France. De quoi embarrasser le président de son mouvement, le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Une démonstration de force réussie. Dimanche 27 novembre, le Nouveau Centre d'Île-de-France tenait à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) la première Fête des démocrates qui a réuni, selon les organisateurs, 1300 participants.
Pour le député maire d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), André Santini, l'occasion était belle de défendre l'idée de sa candidature aux régionales de mars 2010, à la tête d'une liste centriste autonome.
"Si les circonstances politiques m'y invitent, si vos réflexions m'y poussent, si un élan surgit (...), je pourrais être candidat", a lancé l'ancien secrétaire d'Etat à la Fonction publique, visiblement émoustillé par cette perspective.
"Mon histoire avec la région, c'est du sérieux", a poursuivi André Santini, en rappelant son bon résultat de 2004 (16,12%).
"La gauche va présenter cinq listes dispersées, il n'est pas certain que la majorité présidentielle ait intérêt à n'en présenter qu'une au risque de se priver de réserves de voix pour le second tour", a fait valoir M. Santini, qui doit ouvrir un blog la semaine prochaine, pour recueillir les attentes des Franciliens, avant de publier fin octobre un livre électronique sur la région.
Santini devant Pécresse?
Défendue par plusieurs leaders franciliens du Nouveau Centre, le député maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde ou le sénateur Yves Pozzo di Borgo, une liste autonome centriste viendrait concurrencer celle de l'UMP, qui a désigné Valérie Pécresse comme tête de liste pour affronter le président sortant socialiste, Jean-Paul Huchon.
Vendredi 25 septembre, Libération a publié un écho indiquant qu'un sondage officieux commandé par l'Elysée donnait Santini largement devant Pécresse en cas de listes séparées. Une information aussitôt qualifiée de "bidonnage" par le camp Pécresse.
"L'UMP ne doit pas vivre comme un drame l'idée d'une liste autonome du Nouveau Centre. Nous ne gagnerons pas la région tout seuls et eux non plus. L'objectif est de ratisser plus large au premier tour, insiste Jean-Christophe Lagarde. Maintenant, si on veut absolument une liste unique au premier tour, il nous semble qu'André Santini est le meilleur candidat car il dépasse les frontières de l'électorat de la majorité." Et l'élu de conclure: "De toute façon, personne ne nous imposera notre choix."
Les embarras de Morin
La volonté d'autonomie du Nouveau Centre en Île-de-France gêne quelque peu le président du parti, le ministre de la Défense Hervé Morin. "Le choix en Ile-de-France est un choix majeur, qui nous engage et si vous décidez d'y aller, ce choix nous engagera tous et nous aurons alors une obligation, celle d'être solidaires et de mener le combat un peu partout en France", a déclaré le ministre, lui aussi présent à Rosny-sous-Bois.
Il a expliqué que lui-même, dans cette hypothèse, devrait se présenter face au ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, investi par l'UMP. Une perspective qui ne l'enchante visiblement pas.
"Contrairement à ce que pense Hervé Morin, la décision que nous prendrons en Île-de-France ne vaudra que pour celle-ci. Les régionales, comme l'a dit Nicolas Sarkozy, ça se regarde région par région et il s'agira pour le Nouveau Centre de regarder à chaque fois quelle sera la meilleure solution pour faire avancer nos idées", explique Jean-Christophe Lagarde, également président exécutif du mouvement.
Ce dernier estime que la question d'une liste autonome du Nouveau Centre pourrait se poser en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire.
A l'inverse, dans trois régions, des centristes sont préssentis pour prendre la tête d'une liste unique de la majorité: François Sauvadet (Bourgogne), Valérie Létard (Nord-Pas-de-Calais) et Philippe Augier (Basse-Normandie).
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